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Temps d'arrêt

Le temps passe, la matière s’use, les mots se perdent et se déforment, la mémoire fane et se reforme. Que reste-t-il ? 

« Au temps qui détruit tout, l’Homme répond par l’image » (Michel Tournier).

Un temps d’arrêt. Nous avons vécu un temps d’arrêt, une pause dont nous avions tous besoin. Qu’il s’agisse d’une période difficile ou très agréable, le confinement nous a permis de souffler, de nous retrouver face à nous-même, et de nous questionner sur le monde et son système. Ses systèmes devrais-je dire, qui s’entremêlent, s’attirent et se rejettent, telle une danse infernale, qui jamais ne s’arrête. On veut que la machine s’arrête, que demain soit un nouveau jour, que d’un seul coup le nouveau monde, plus joyeux et stable apparaisse. 

Mais de quelle machine parle-t-on ? Le savons-nous au moins ? La Terre, elle, continuera de tourner. Décider de ne plus avancer c’est tout simplement reculer. Les lois qui régissent tout système (économique, écologique, social…) sont les mêmes. Elles suivent les mêmes principes car tout provient d’une seule source.  

J’ai compris qu’il était facile de combattre quelqu’un ou quelque chose mais bien plus difficile de combattre ses propres démons intérieurs. 

J’ai compris qu’il était facile de consommer, de haïr, de détruire, d’avoir un avis sur tout, mais qu’il était bien plus compliqué de donner de soi sans intérêts cachés, d’aimer (soi-même, les autres, son environnement), de construire, d’écouter et d’accepter la vacuité. 

 J’ai compris que tout jugement n’était qu’illusion, que les malheurs, les drames, les souffrances que l’on peut ressentir font partie d’un voile inhérent à notre nature.

Tous les jours je combats pour les accepter : Accepter mes émotions, mes sensations et les évènements extérieurs comme ils arrivent. Ne pas les bloquer, et les laisser repartir comme ils sont arrivés. Quand on y arrive, on voit alors plus clair. On peut réfléchir sur soi, sur ses propres réalités, et sur les finalités que l’on souhaite se donner. On arrive à discerner ces finalités et avancer, tout doucement, pas à pas, vers cet idéal que l’on s’est fixé. Ces finalités sont transparentes, pures et fructueuses. Seules les formes que nous déployons, parfois imparfaites et inadaptées, peuvent les obscurcir. 

 Il y a des Hommes et des Femmes libres, en tout temps, qui cheminent pour un idéal avec beaucoup de volonté, d’enthousiasme, et de compassion. Il y en a d’autres qui cherchent encore les formes adéquates. D’autres qui perdent le cap et qui cherchent à stabiliser la barque pour ne plus se laisser embarquer par les vagues tumultueuses de la vie. 

Encore d’autres qui se rendorment encore trop souvent, en croquant la pomme rouge, si belle et si tentante, des désirs puérils de notre personnalité primaire. Pour tous ces Hommes et ces Femmes le chemin est là et nous en avons tous conscience. Seul notre niveau d’engagement nous distingue. Pour ma part, je fais encore partie de ceux qui se rendorment.  

Et toi, quel idéaliste es-tu ? 

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